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Lundi 24 avril 2006

Le commencement de l' homme, sa vie intra utérine, est fait de la sensation unique et corporelle. Il sent, il voit, il entends, il goûte il touche, par son corps mais sans faire aucune distinction. Il est son corps et uniquement son corps. Vient la grande sortie, peu à peu les sens se développent, et se diférencient. La sensation devient perception. Les plaisirs et déplaisirs commencent à être associés à des sensations particulières, puis des ensembles de perceptions. Il sépare aussi son corps. Premièrement ses organes sensoriaux, et génitaux, et viens bientôt l'utilité, c'est à dire le moyen d'arriver au plaisir, associée à un organe spécifique comme le pouce, le bras, les jambes, les pieds. Il marche, car c'est utile. Corrolairement au mouvement créé, la conception du temps change, on concevoit qu'il y a une succession d'instants. La mémoire court terme se développe, puis la mémoire long terme.

A ce moment précis, le logos fait son apparition. L'homme comprend que communiquer, c'est produire un objet utile, le verbe. Le verbe provient lui aussi de l'arithmétique subjective hédoniste : éviter les déplaisirs, chercher les plaisirs, et minimiser l'effort, c'est à dire chercher les plaisirs simples. Ce logos est une stabilisation dans l'espace. Un mot, associé à un son evanescent capture l'espace d'un instant la réalité mais cette stabilisation s'évanouit dans la seconde! La logique, le logos, de l'homme oral est stable dans l'espace mais non dans le temps. Le temps n'est encore que très peu linéaire, les regards prospectif et retrospectif sont peu développés. Le mot est situationnel, il se réfère à la réalité immanente. L'instant, l'immanence est l'important.

Enfin vient la logique de l'illustré et de l'écrit. Elle s'ajoute aux logos sensuel et oral.  L'écrit est d'abord une stabilisation dans l'espace et dans le temps. Les paroles volent, les écrits restent. l'homme se dessine, il se décrit, il se rappelle, il identifie les causes, il se projette dans le passé mais aussi bientôt dans le futur. C'est l'invention de la vérité, car la quête de la vérité est toujours retrospective, une approche qui n'est possible qu'avec la trace de plus en plus stable qu'est l'écrit. Mais c'est une vérité pragmatique, elle ne concerne que ce qui la concerne, l'existant. Mais les shémas de pensée changent, il se stabilisent eux aussi. D'abord l'universalisation puis la transcendance. La vérité concerne maintenant non plus l'universel, ce qui existe mais aussi le transcendantal, ce qui pourrait exister, ce qui a existé, ce qui va exister et ce qui n'existe pas. L'écrit permet aussi la réflexion, le regard de soi sur soi. Le monde à travers mon miroir. L'écrit est aussi production matérielle, expression logique de la subjectivité. Ici c'est la volonté de puissance qui prédomine, la projection de mon intérieur vers mon extérieur. C'est l'invention de la réalité.

Enfin l'homme se fuit.

Il cherche une autre fin à son être autre que celle pure et simple qu'est la mort. 

Par Raf - Publié dans : subjectivité
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Vendredi 21 avril 2006

  L’art est l’expression de la subjectivité de la matière, de la réalité. En effet, une œuvre d’art est composée d’atomes, elle passe par la perception, pour le spectateur, et la conception et la création pour l’artiste. Lorsque l’on écoute de la musique, cela n’est que des sons, non différent en nature à n’importe quel bruit, des mouvements d’atomes. Cependant, cette matière médiatise une subjectivité. L’art représentationnel, comme l’art conceptuel sont géniaux en tant que créations subjectives médiatisées par la matière. Le langage, utilisé subtilement peut aussi être source d’art. L’art, celui qui décrit, ou celui qui conceptualise fait appel à l’audience, il est transmission subjective par la communication et transmission objective par l’expression matérielle de l’art.

La matière est de fait le média par excellence de la subjectivité. Quant à ce qui est du jugement de valeur, il est lui purement subjectif, il requiert une esthétique sophiste présente en chacun de nous mais pour chacun différente. Le beau en tant que concept universel n’est seulement le résultat d’un rapport de force social immanent. Tout comme le Bon universel. Qu’en est –t-il du Vrai ? Qu'en est-il du réel? Protagoras, éclaire nous !

Par Raf - Publié dans : philog
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Jeudi 20 avril 2006

L'étude du cerveau humain donne un fondement solide à l'approche dual de la matière, le matérialisme dual. En effet, des études menées sur des patients ayant subi une coupure de la communication entre les deux hémisphères cérébraux, traitement chirurgical extrème de l'épilepsie, montrent une spécialisation fonctionnelle des deux hémisphères. Chaque hémisphère a un accès à l'information (perception, conception), mais le traitement de l'information semble différer.

L'hémisphère Gauche serait spécialisé dans le langage, l'expression, la communication, le traitement rationnel de l'information, la catégorisation, la reconnaissance, en un mot l'approche logique de la réalité, le Logos.

L'hémisphère Droit serait spécialisé lui dans les émotions, la valorisation des informations, la perception de l'espace, l'analyse immanente de l'information, en un mot l'approche subjective de la réalité, le Sophos

 

L'analyse de la musique, par exemple est très éclairante. L'hémisphère gauche traite l'information musicale d'un point de vue objectif: Rythme, lecture et écriture, représentation en notes et portées du son qui nous parvient. L'hémisphère droit, lui, capte et traite l'information musicale d'un point de vue subjectif: mélodie, emotion que cela procure, timbre et sonorité, qualité.            

Par Raf - Publié dans : philog
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Mercredi 19 avril 2006
La communauté, entendue au sens premier "ce qui est commun", est le groupe de personnes qui, chacune séparément a quelque chose en commun, une même chose inhérente à la Culture personnelle, et à l'espace d'affection mutuelle. Cette chose prends souvent la forme d'un logos mais sa vraie nature est sophique, subjective. Je ne vois pas d'Homme, je ne vois que des hommes (formule inspirée de Joseph de Maîstres). Si l'on fait la genèsosophie de la communauté, bien sûr utopique, on se retrouve bien loin des "utopies classiques", celle de Platon et de sa Republique, celle de Hobbes et de son Léviathan, celle de Rousseau et de son Contrat Social, celle de Marx et de son Communisme ou pire encore, le marché libéral. Le groupe, qui a force d'amitiés prends conscience de cette communauté sophique, pour une question de practivité, décide d'objectiver ce commun sophos, rendre objective la communauté, partager une Culture Commune, et un espace d'affection mutuelle commun. En aucun cas il ne s'agit d'un contrat que chacun doit respecter en tant que contrat mais il le respecte de par la nature personnelle de cette ethos subjectif. Bien sûr la résistance au temps de ce genre d'utopie est très faible. C'est pour cela qu'il faut que le commun soit réduit. Car du commun à la norme, il n'y a qu'un maudit pas. S'il prends trop d'importance, s'il devient un but pour certains, voire quelque chose à respecter en soi. Alors le commun devient ce Léviathan tant redouté.
Par Raf - Publié dans : philog
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Mardi 18 avril 2006

Comment apprécier une philosophie à sa juste valeur ? Si derrière ce logos écrit, cette philosophie accouchée ou digérée, il y a un corps particulier, une pure subjectivité ? Si derrière chaque mot, chaque expression, chaque tic de langage se cache un affect, une Culture personnelle particulière ? Une approche purement logique semble malheureusement insuffisante. Une approche purement logique de Nietzsche, entre autres, montre clairement les limites d’un tel abordage sauvage. Lire la philosophie de façon logique peut même s’avérer d’un danger extrême, pour celui qui lit comme pour ceux de son entourage! Il suffit d’évoquer la compréhension logique de ce passage de l’Antéchrist : « Périssent les faibles et les ratés ! Premier principe de notre philanthropie. Et il faut même les y aider ». Que dire d’un tel passage ? Une approche purement logique voit dans cette phrase l’annonce d’un nazisme forcené, une horreur globalisée et mécanisée, un darwinisme précipité…

Non, une approche purement rationnelle, purement logique des textes ne suffit pas ! Il faut connaître Nietzsche pour comprendre Nietzsche. A l’extrême, il faut être Nietzsche pour comprendre Nietzsche. Il faut donc apprendre à connaître ses affects, à l’interpréter, à s’approprier Nietzsche! Une lecture subjective des œuvres implique toujours une part d’appropriation et d'interprétation. Et c’est ainsi qu’il m’est impossible de comprendre la philosophie avec laquelle je suis en désaccord, car je ne vois que les « erreurs », ce avec quoi mon corps particulier ne puis agréer. La philosophie est en fait un moyen de rapprocher et de séparer les personnes. Si, à la lecture de Ecce Home, je me sens beaucoup de communauté avec le philosophe au marteau, non plus seulement en philosophie mais en personnalité, cela ne m’étonne plus car j’ai enfin compris que la philosophie est l’autobiographie d’une personne, qu’un schéma de vie, un parcours particulier, une unicité absolue, détermine la philosophie personnelle. Schémas de vie semblables, époques semblables peut et doit donner des pensées semblables. C’est ainsi qu’il est possible de rapprocher Nietzsche et Epicure, eux qui ont vécu à deux époques séparées de plus de 2200 ans ! Et c’est ainsi qu’il est aussi possible de constater un certain déterminisme de la philosophie… Mais que m’importe une liberté de philosopher autrement que de la façon dictée par mon corps et mon environnement? Ma philosophie, comme ma vie, comme mon corps, me plait.

Par Raf - Publié dans : philog
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