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Dimanche 16 avril 2006

Quel est ce niveau d'organisation de la matière que l'on appelle individu, personne, moi...? Comment et pourquoi correspond-il au niveau de la matière qui nous semble le plus important? Si l'on suit la logique du matérialisme dual, une personne (puisque c'est l'appelation que je choisis) est composée d'un aspect objectif et physique, le corps; et d'un aspect subjectif, la Culture personnelle, le tout dans un espace d'affection mutuelle particulier. Notre philosophie subjective ne peut que recommander de devenir le sujet de son corps, car le subjectif doit correspondre à son niveau cohérent d'organisation de la matière. Quand nous parlons de sujet, nous faisons régulièrement allusion à une politique, on assujettit l'individu au corps politique. En effet, l'individu est le degré indivisible de cette organisation de la matière non physique, la politique. L'individu est pensé en relation à la politique, par la politique et pour la politique. Il est cependant indiqué, si nous voulons considérer la personne comme le sujet d'un corps, de penser la politique à un niveau personnel, et non sociétal, une personne ayant forcément dans son espace d'affection mutuelle quelque "autrui". En effet, comment penser à un niveau qui n'est pas le notre? Si le corps politique a un sujet, il est différent de la Culture personnelle et de l'espace d'affection mutuelle d'une personne particulière et donc ne me concerne pas en tant que personne.

Si l'on considère que la matière s'organise d'un niveau élémentaire vers un niveau complexe, alors une organisation complexe est le résultat de l'activité préservative et reproductive de niveaux inférieurs d'organisation physique. Le corps donc est le résultat (involontaire) de l'activité cellulaire, sans que la cellule n'agisse pour le corps mais seulement pour elle même. Ainsi, si on considère que le corps politique est un degré de l'organisation de la matière, un contrat social formant un corps politique n'est pas un acte volontaire (et donc par définition cela n'est pas un contrat) mais est et ne doit être que le produit dérivé de l'activité préservatrice et reproductive des personnes qui le composent. Cela dit, il faut tout de même émettre des réserves, le corps politique n'ayant que de faibles bases physiques et et de forts fondements culturels et conceptuels. Réserves à developper bien sûr!

Par Raf - Publié dans : philog
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Samedi 15 avril 2006
A porter son attention trop loin, trop haut, à l'universel et au transcendant, l'homme se tend lui même des pièges, car il devient dépendant des autres, et ainsi perd quelques onces de sa liberté, celle qui est d'accepter sa condition, et de l'apprécier; il se fixe aussi des buts, des desseins trop hauts et il ne peut être que déçu. A l'opposé, porter son attention sur soi et sur ce qui nous entoure et nous régit, permet de prendre plaisir à chaque instant, et votre "destin" devient exceptionnel. Tout ce qui arrive nous semble positif car nous sommes aptes à choisir d'apprécier cette destinée, cette determination. Si nous avons une liberté, c'est celle de comprendre que nous n'en avons pas et de choisir de ne pas se battre contre cela, ne pas aspirer à un mieu, qui du même coup dévaluerait le corps et la Culture personnelle. Il vaut bien mieux prendre plaisir à soi même, et à son entourage. Car il s'avère qu'il y a des périodes ou vous vous êtes tellement protégé contre l'avènement du déplaisir qu'il ne vous arrive que des bonnes choses, simples certes, mais source de beaucoup de plaisirs. "Et à tout prendre: je veux à partir d'un moment quelconque n'être plus autre chose que pure adhésion" (notre ami, le philosophe au marteau, F. Nietzsche) 
Par Raf - Publié dans : philog
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Mercredi 12 avril 2006

à vous lecteurs!

Ma philosophie a tendance à être un peu endogène, réservée à un cercle restreint. J'essayerai à l'avenir 

d'être un peu moins jargoneux. Mais surtout à venir sur le blog:

_shémas explicatifs des concepts importants et nécessaires à la compréhension de cette philosophie. Ainsi le verbe ne se placera plus entre vous et moi...

_un glossaire et peut être un mode d'emploi philosophique

Soyez subjectifs!!!

bien à vous...

Raf

ps: j'aimerai beaucoup développer en parallèle un journal personnel pour lier ma philosophie et mon existence... Qu'en pensez vous? 

Par Raf - Publié dans : philog
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Mardi 11 avril 2006

Dieu était l’objet et le sujet de l’univers. La religion était la croyance en l’objectivité de sa foi, c'est-à-dire à la fois objective, universelle, transcendante et supérieure (l'univers étant un degré supérieur d'organisation de la matière que l'individu) au logos et au sophos. Maintenant que « Dieu est Mort », qu’il a disparu en tant qu’objet, il faut déconstruire la foi qui, privée de cet objectivité, n’est plus que pur subjectif et donc vouée à l'extinction (puisque sans objet, pas de sujet). Elle n’ est maintenant qu'un sujet, puisque la science naturelle, pur Logos, s’est emparée de son aspect objectif, à tous les niveaux d’organisation de la matière. S'emparer de l'aspect objectif des choses, c'est le génie déicide du Logos. C’est d’ailleurs l’excellent projet de Michel Onfray, une Athéologie positive, un logos sans Dieu.

La croyance religieuse est avant tout l’imposition d’une culture commune qui remplacerait la culture subjective et par conséquent devient une expérience subjective. Dieu est partout et toujours. Il doit donc être dans la Nature (logos religieux), mais il doit aussi être en toi, à travers tes vertus (sophos religieux)! _Non, Socrate, ton daïmon n'est pas divin! La chrétienté est ainsi comme le soulignait Nietzsche la victoire des pulsions de mort, la mise en cause de l’intégrité de la personne, de son aspect subjectif, un Christ sacrifié pour une humanité soi-disant universelle, comme de son aspect objectif, son corps supplicié.

Il s’agit désormais de proposer ce qui pourrait combler  «un vide spirituel » mais qui est de fait un vide subjectif, une cure contre l’angoisse de l’après monde, de la souffrance, et du nihilisme. Une Athéosophie me semble absolument requise pour soigner ces maux responsables de tant de pulsion de mort. Un sophos, sagesse du sujet, sans Dieu.

Par Raf - Publié dans : philog
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Mardi 11 avril 2006

mardi 11 avril 2006

 

Qu’est ce que ce matérialisme dual ? C’est simplement la métaphysique qui attribue à la matière deux aspects interconnectés : l’objectif et le subjectif. L‘aspect objectif est décrit dans une version holiste du matérialisme, la croyance que la matière est fondamentalement ce qui compose la réalité, l’atomisme pur et dur. L’atome est ainsi le niveau non-organisé, naturel de la matière, il comprend la matière et le vide, l’énergie et la force physique. J’applaudis la démarche de la physique quantique dont le projet est d’expliquer tout objet, relation entre objets, au niveau purement objectif. J’accepte le matérialisme car il m’est difficile de croire en l’existence d’une autre substance.

Cependant, il me semble que la matière a un aspect subjectif : sa structure, son organisation. A un niveau supra atomique, la matière est organisé en niveaux : molécule, ensemble de molécules, cellule, ensemble de cellules, organe, organisme, corps, et ainsi de suite jusqu’à l’univers. Chaque structure est la source d’unicité, de particularité organisationnelle et situationnelle (dans un espace-temps relatif) de ce niveau d’organisation de la matière. La subjectivité est cette particularité d’organisation et de situation, la façon unique et particulière dont les atomes, seuls objets naturels, sont organisés dans l’espace et la façon dont cette organisation se comporte. Ainsi, à chaque niveau organisé de la matière correspond un niveau objectif : atomisme compositionnel, et un niveau subjectif : atomisme organisationnel, temporel et situationnel. La subjectivité a pour origine l’unicité immanente de l’organisation de la matière. Ainsi pour chaque « objet », quelque soit son niveau d’organisation matérielle, correspond un « sujet », ce qui fait de l’objet l’Un. Bien sûr, le degré de subjectivité varie avec le degré d’organisation de la matière.

Le matérialisme dual n’est pas une séparation douloureuse de l’aspect objectif et de l’aspect subjectif des choses, mais plutôt la conscientisation que le subjectif est immanent à l’objectif. Sans objet pas de sujet, ni d’objet sans sujet.

Par Raf - Publié dans : philog
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