Combien de fois, au cours de déjeuners dominicaux et familiaux, de dîners d’affaire, ou même de simples discussions de café, le chômage revient sur la table, encore et encore ? Comment résoudre les problèmes du chômage ? Comment atteindre le plein emploi ? Doit-on payer les chômeurs, et peut-être les assister, ce qui pour certains permettrait une insertion, minimale ou pas, pour d’autres créerait une « mentalité d’assisté » responsable de tous les maux. Le chômage est de plus en plus un sujet de société, qui engage des affects divers, des prises de positions, des rancoeurs, des théories économiques, scientifiques, sociologiques, ou même psychologiques. Qui n’a pas son idée sur le chômage et les moyens de le résoudre ? Souvent on emprunte le point de vue de tel homme politique, pour qui il faut toujours réduire le chômage, libérer les chômeurs de leur pauvre condition, créer les conditions d’un emploi stable et prospère, source de croissance et de bien être personnel. Parfois, avec un cynisme vulgaire, on généralise, on crée une catégorie « chômeurs » (et donc une catégorie « non chômeurs ») qui serait l’ensemble des parasites économiques, des ratés improductifs, un boulet pour la société si dynamique des travailleurs, qui dans son infinie générosité fournirait à cette catégorie d’assistés les moyens de subsister dans leur médiocrité là où les travailleurs, espèce élue parmi les élus de l’ère industrielle moderne, sortiraient la tête de la misère.
Problèmes moraux à l’endroit du chômage
Il y a un sérieux, une gravité, peut-être même une tristesse à l’endroit du chômage. Je vois déjà la levée de bouclier se lever quant à l’avènement d’une ironie cynique (ici philosophique et non plus vulgaire) sur « comment chômer », sur une éthique du chômage. Pourquoi, me direz-vous ? cela est simple : le chômage n’est pas considéré comme activité, mais comme inactivité, comme absence d’activité, les chômeurs non comme actifs mais comme inactifs, passifs, souvent, dans les représentations répandues, avachis sur leurs canapés, devant la télévision, profitant impunément des aides que leur fournit la société des travailleurs . « Il y a du travail ! Pourquoi n’en recherches tu pas, chômeur ? ». Le chômage est partout ressenti comme un manque, une situation à éviter, un abîme dangereux dans lequel l’homme n’est plus Homme. Il s’agira donc ici d’affirmer le chômage non pas comme absence de travail, mais comme activité, à plein temps, à mi temps, ou ce que vous voudrez. Le chômeur, c’est d’abord quelqu’un qui ne travaille pas, et cela mérite, à mon sens, réflexion sinon approbation.
Sujet grave bien sûr, mais la gravité est-elle antinomique, opposée à la légèreté ? Le commun de toute ses discussions, points de vue, ou actions concernant le chômage, c’est qu’elles sont ambitieuses. Ambitions économiques, ambitions politiques, ambitions scientifiques, ambitions personnelles. Ambition toujours sérieuse : il y a un sérieux inhérent à tout ce qui touche au chômage, au chômeur, à l’emploi et au non emploi. Peu sont ceux qui osent plaisanter, rire, jouer, sourire à ce propos. Ceux là on les qualifie de « cyniques », de « moqueurs », de « choquants », selon la perspective qu’ils adoptent. A la lumière de ces discours, mes propos n’ont aucune ambition sérieuse au sens commun. Ni celle de résoudre le chômage, ni même de proposer une alternative économique, politique ou sociale. Pas d’ambition de ce côté-là. Edgar Allan Poe disait de l’ambition que de ne pas en avoir c’est déjà en avoir. Je suppose que cela prend à contre-pied cette croyance que l’ambition, qu’elle soit dans le nombre, dans la durée ou même l’action est un bien en soi.
Aujourd’hui, peut être avec la mort philosophique des idéologies, la grandeur, l’ambition philosophique est interdite à l’homme. Mais de quelle grandeur parle-t-on ? Celle de l’idée universelle, de l’absolu, de Dieu, de l’âme, des « arrières mondes », nirvana, enfer et autres paradis. Cela dit, la fin de cette grandeur est-elle la fin de la philosophie, de l’éthique, et de ses dérivés ? N’existe-il pas une autre grandeur, celle du petit justement, de l’un face au multiple, du subjectif face à l’objectif, du sentiment face à l’utilité, de la personne face à l’individu ?
Ethique personnelle contre morale sociale
Car je considère, en tout cas ici, que la morale est l’antinomie de l’éthique, que le social permet une valorisation extériorisée plutôt qu’intériorisée. Je m’explique. L’éthique est ce qui permet la valorisation des choses. L’éthique est, selon moi, purement personnelle, étant donné que la perspective que j’ai des choses est unique et corrélée à ma personne, et donc que leur valorisation l’est aussi. Ici, l’éthique est à opposer à la morale, sorte d’éthique sociale. Le social est toujours extérieur à la personne, et sa morale toujours imposée, via ses institutions. Pourquoi affirmer la primauté de la personnalité sur le social, de l’éthique sur la morale ? Le social, la dimension sociale des choses est un concept, n’est qu’un concept, un outil d’interprétation de la réalité, non pas la réalité elle-même, alors que la personne, ce fameux « moi », est la perspective que nous avons tous, celle qui justement permet le concept. Au niveau personnel, celui qui nous intéresse, le social doit garder sa place d’outil et non pas de réalité, ni donc de priorité. Il ne faut surtout pas oublier que le social n’est que ce qu’on met derrière ce mot, cette notion. Pourquoi croyez vous que la sociologie, étude du social, des phénomènes sociaux, est parallèle au socialisme, idéologie du social ? Pour affirmer la priorité du social, il faut de prime abord affirmer son existence, et pour ce faire quoi de mieux qu’une « science » qui lui est dévouée ? Mais socialisme et sociologie ne considèrent pas la personne, la perspective personnelle, voire la nient. Ici, on ne fera pas de sociologie ni de socialisme moral, non pas par refus pur et simple du social, mais par choix éthique. Une éthique du chômage, cela passe justement par le refus de la priorité sociale dans sa vie, dans ses choix, dans ses usages, en évitant bien sûr l’égocentrisme et l’égoïsme vulgaires.
Que l’on arrête de considérer le chômage comme une inactivité, les chômeurs comme des sous hommes, ou des enfants que l’on doit parenter. Le chômeur est avant tout un esprit libre à construire, une personne qui a la puissance de disposer de ressources essentielles que sont le temps et l’espace. Reste à construire une volonté, qui associée à cette puissance, cette liberté de devenir, pourra enfin faire sortir le chômeur de la conception sociale et péjorative qu’il a de lui-même. Et devenir ce qu’il est.
Contre le travail
Qu’est ce qui cloche avec le travail ? Oui ! Il y a un truc qui me dérange dans cette épistémé que nous construisons, cette obsession du travail, ce centrage de toute vie autour de cette activité : le travail. 40 ans, 7 heures par jours consacrées au travail, plus, si on est pessimiste, quelques années d’écoles, de collège, de lycée, de faculté ou d’école supérieure pour nous y « préparer ». Peut-on imaginer plus grand sacrifice ? « Arbeit macht frei », « je veux redonner toute sa valeur au travail », « travailleurs, travailleuses », « le travailleur est plus libre que le chômeur » et j’en passe et des meilleures. N’est ce pas effrayant ? Pourquoi devons nous travailler ? Cette question est triviale pour beaucoup. « Pour vivre », « Pour pouvoir vivre correctement », « afin d’acquérir les moyens (l’argent, quoi) de mener une existence décente et digne ». Oui, certes.
Mais entre travailler pour vivre et vivre pour travailler, n’y a-t-il pas une différence fondamentale ? Entre consacrer le plupart de son meilleur temps, de son temps éveillé pour certains à une activité sacrificielle, pour une activité qu’on fait non pas pour elle-même mais plutôt dans le but de pouvoir faire d’autres activités, et avoir assez de moyens pour vivre correctement, n’y a-t-il pas une différence ?
Qu’est ce qui me dérange dans le travail ? Le mot ? OK, l’étymologie n’est pas reluisante, cela veut dire torture, mais cela n’est pas suffisant. Il y a bien un lien entre travail et torture, la dimension de la souffrance pour beaucoup, mais cela n’est pas l’essentiel.
Premièrement, il y a la dimension verticale de l’entreprise. On ne travaille jamais pour soi, mais pour d’autres. « Pour qui bosses tu ? », « mon patron est content de moi ». Grave, très grave verticalité qui persiste dans le monde du travail, alors que partout ailleurs elle est en délitement. Il y a toujours quelqu’un au dessus de moi, mon boss, qui me dirige, qui m’oriente. Et cela, c’est difficile à avaler quand on est libertaire et athé.
Deuxième chose. Le caractère obligatoire, le caractère de structuration extérieure de ma vie. « Je dois me lever à 8h demain matin », je dois augmenter de 150% mes ventes pour l’année prochaine », « je dois être sympathique avec cet homme, non pas parce que je l’estime, mais parce que c’est un client de mon entreprise ». J’ai entendu cela trop souvent. Ce « je dois », est une blessure qui caractérise bien trop l’humain.
Il y a les travailleurs, les actifs et les « non actifs ». Cette classification m’énerve plus que tout. Croit-on que les sans emploi ne font rien ? Les vieux, les jeunes, les chômeurs, les asociaux, les malades, les handicapés… Du point de vue d’une société qui valorise bien trop le travail, eux ne valent rien. Les jeunes : aucune utilité, si ce n’est en tant que futur travailleur. Donc il faut les « former » (ce mot me fait froid dans le dos, brrrr…) à la vie professionnelle. Les vieux ? On les récompense d’une vie sacrifiée à la cause du travail, comme si cela valait récompense ! Les chômeurs, catégorisés comme poids de la société, catégorie qu’il faut absolument diminuer. Pourquoi ne pas l’augmenter ? Les handicapés, les malades, les asociaux, on n’en parle pas, car ils sont tout à la fois, et donc bien trop compliqués à catégoriser, à haïr.
Qui sont ces travailleurs dont je parle ? Ce sont ceux qui pestent contre celui qui est au dessus d’eux tout en jouissant du fait qu’il y en est au dessous. Ce sont ceux qui sont fiers de se lever à 8h du matin dans la perspective d’une journée dont ils ne profiteront que de quelques minutes, de quelques heures au mieux. Ce sont ceux qui méprisent celui qui ne travaille pas, qui le considère comme inférieur. Ce sont ceux qui font le plus de travail, alors qu’ils pourraient faire le moins. Ce sont ceux qui croient qu’ils sont libres parce qu’ils « gagnent » leur vie. Une vie ne se gagne pas. Elle s’apprécie. (Cela est amusant d’ailleurs de constater que le mot gagner est aussi utilisé dans l’expression « gagner son paradis »). C’est celui qui ne voit pas l’énorme gâchis qu’il est en train de faire de sa vie.
On l’aura compris, je ne milite pas contre toute activité, professionnelle ou non. Je critique plutôt la forme et la perception que beaucoup donne à leur activité principale. Aujourd’hui le discours sur la servitude volontaire, ou sur le travail volontaire est plus que jamais inactuel (donc actuel). Bien sûr, l’activité (sociale ou individuelle), la production (utile ou inutile) sont choses indispensables à la réalisation de soi, volonté de puissance oblige. Mais est-on obligé d’en faire un travail ? Quelles alternatives se présentent à nous ?
L’épicurien et le travail : le moins, le mieux
L’épicurisme d’abord : faire le minimum. « L’homme devrait travailler un jour par semaine et faire ce qu’il lui plait les six autres ». Ici l’expérience philosophique de Henry David Thoreau, qui pendant plus de deux ans a vécu au bord de l’étang de Walden dans le Massachusetts de l’Amérique du début de l’industrialisation, vaut pour principe. Thoreau refuse purement le travail et le social, ou plutôt le social donc le travail. Il part loin de la ville, du village, de la ferme, de la chaire d’université. Il laisse tout cela et construit sa baraque au bord de ce petit lac isolé dans les bois. Cette expérience contée par lui en des termes magnifiques dans Walden ou la Vie dans les Bois, et dans son Journal, donne un message clair à celui qui le lit : l’activité sociale, dont le travail, non nécessaires (pour utiliser les termes épicuriens) ne sont que superflus et poids pour l’existence humaine. Il décide de montrer que le superflu n’est pas qu’inutile, mais qu’il est aussi un fardeau et empêche l’homme d’accéder à la vraie richesse, la liberté de la solitude et la joie de la nature. Loin de l’attitude consumériste des biens comme du travail, attitude répandue à l’époque de la construction du chemin de fer et de l’industrie américaine, il choisit l’ascèse épicurienne, le contrôle de soi en vue du plaisir. Dans cet hymne à la nature, avec cette morale esthétique, cette écosophie, sagesse de l’environnement, l’économie, le commerce avec la nature prend tout son sens. Dans cette une symbiose parfaite, Thoreau et l’étang de Walden ne font qu’un, ils communient par la culture et l’agriculture, dans un seul et même sens. Avec cette expérience, il montre qu’essaimer, sarcler, labourer, ramasser, couper, récolter, ne sont plus un travail tant qu’ils sont nécessaires, ne sont pas une obligation mais un désir suivi d’un plaisir immédiatement satisfait dans l’activité, et pour lui et pour l’étang. Il découvre que l’homme libéré du social, alors miroir de la nature peut survenir à ses besoins sans travailler. Il découvre qu’accumuler, prévoir trop, excéder ses besoins propres rend esclave celui qui le fait. Esclave de ce qu’il a, de ce qu’il pourrait avoir, esclave de ce qu’il n’a pas. Il montre qu’avec pas grand-chose on peut avoir beaucoup, qu’on peut être riche sans rien posséder.
L’expérience de Thoreau nous apprend moins par son historicité, par ce que Thoreau a fait, que par ce que on peut en faire, ce qu’il peut nous montrer, son message. C’est d’ailleurs dans cette perspective, je crois qu’il écrit cet ouvrage, Walden. En effet peu lui importe de se vanter d’avoir vécu seul dans les bois pendant deux ans, peu lui importent les biens que pourraient lui procurer la publication d’un ouvrage sur cette expérience. Les biens et la reconnaissance sociale ne l’intéressent pas.
Non, il n’écrit pas non plus pour qu’on l’imite, qu’on aille tous vivre dans les bois. Loin de lui cette idée, qui gâcherait toute perspective solipsiste, de solitude, d’anticonformisme. Non, il nous parle des possibilités de la personne face à l’existence, au choix possible d’existence. Sa méthode est cependant à noter : il fait les choses plutôt qu’en parler dans le vide. Quel formidable cynisme ! Cela rappelle un Antisthène (ou était-ce Diogène ?), père de la philosophie cynique antique, montrant à Platon un coq déplumé pour briser l’idée platonicienne que l’homme est un bipède sans plume. Quelle force ! Montrer plutôt que démontrer. Vivre sa pensée et penser sa vie, voilà la philosophie de Thoreau. Cette méthode de l’action permet un véritable pluralisme, la fin de toute pensée unique, qui prend son origine dans le rationalisme, la transcendance de l’Idée, la croyance sociale qu’il existe une Vérité et qu’elle est peut être dans les livres. Le philosophe ou le scientifique serait alors dirigé par des méthodes universelles qui le dirigent vers cette Vérité unique. Non. Pour Thoreau, l’expérience est la seule chose communicable et qui transcende l’humain, pas le résultat qu’on peut tirer de celle-ci, et c’est l’intuition et l’évidence de l’expérience qui sont à retenir. Il faut donc construire un sens à partir de cette expérience, mais un pour chacun, l’interpréter. Ne surtout pas en faire des idéologie, mettre le label « vérité » sur ce que l’on trouvera, mais plutôt rendre subjective cette expérience, se l’approprier, unique et située, Vérité pour un mais erreur pour tous.
Il nous parle en premier lieu du caractère non obligatoire des institutions sociales, qu’elles soient formées : Etat, travail, famille, école, industrie et agriculture ; et non formées : idéologies diverses et variées mais qui reviennent toujours à la même chose, consumérisme, individualisme, socialisme, christianisme, capitalisme, et autres monstres philosophiques. On se rappellera l’anecdote d’un Thoreau passant quelques heures en prison pour ne pas avoir reconnu l’Etat en ne payant pas les impôts dus à tout un chacun. Quelle personnalité ! Cela lui inspirera le trop célèbre traité de désobéissance civile. Le meilleur gouvernement, question qui hante les philosophes depuis Socrate jusqu’à un éventuel Luc Ferry, « c’est celui qui ne gouverne point » nous dit il. En effet, que lui importe (ou même apporte) un gouvernement, une école, une université, une morale, une église, une entreprise, de l’argent, du travail quand lui, au bord du plus bel étang qui jamais fût pour lui, il sarcle ces haricots, passe ses après midis sur la surface inviolée de Walden, dissertant sur le mérite du reflet, sur les carpes les gardons ou le cri du hibou ? Apprendre la vie à l’école ? Laissez le rire : on n’apprend à vivre qu’en vivant. Un gouvernement, un maître, un patron ? Le maître est inutile en tant que maître, le gouvernement ne peut être que source d’oppression, le patron n’est qu’un nouvel esclavagiste, mais tout autant esclave que ses ouvriers.
On a donc affaire à un antisocial, dans le sens le plus pur du terme. Il est séparé du social, de la masse, des gens, mais délibérément. Il le choisit, après délibération. Le social n’est pour lui que commérages, inutilités, modes futiles et création de dépendances. Qu’en est-il du travail, cette activité purement sociale ?
Parce que le chômage n’a aucune utilité sociale, qu’il est du point de vue de la Société un parasite à éradiquer, le chômeur doit sous peine de culpabilité se détacher de la société, tout comme Thoreau l’a fait à sa façon. Doit-on pour autant partir dans les bois, et cultiver une partie de forêt ? Douce idée, mais bien trop idéale pour être réalisée sans dommage. Non pour le chômeur d’aujourd’hui il s’agit d’éradiquer la perspective sociale de son propre panorama. On ne me reconnaît aucune utilité sociale ? Très bien ! Quelle est donc l’utilité de ce que vous faites, vous, les sociaux ? Ne seriez vous que des sacrifiés ? Si tout le monde se sacrifie, travaille pour l’ « autre », qui lui-même travaille pour un autre sans qu’il n’y est jamais de pur bénéficiaire, cela n’engage que rancunes diverses, inutilités et culpabilités. Tu travailles moins pour moi que moi pour toi ! Je travaille moins pour les autres que les autres pour moi. Tout cela n’entraîne que surenchère, surproduction, surestimation, travail et consommation inutiles.
Thoreau ne veut pas changer le monde, mais en se changeant lui il change le monde, par la perception qu’il en a. Il décide de travailler pour lui, et donc le moins possible.
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