Lundi 13 mars 2006 1 13 /03 /Mars /2006 00:00

lundi 13 mars 2006

  

 

            La philosophie n’est pas une discipline, mais une expérience. Elle fait partie du monde la première personne. Ce que l’on voit de la philosophie, a travers l’écris et l’oral n’est que l’objectivation de cet univers expériental. La philosophie n’est pas d’autre nature que la perception, la pensée et l’idéalisation. La philosophie « accouchée », celle des livres et des discours, est celle des concepts, celle des mots, ces cages philosophique enfermant, figeant, dénaturant et objectivant ce qui ne peut l’être sans dommage.  Celui qui veux savoir qui sont les philosophes n’a qu’a simplement remplacer les « il », les « l’homme », les « lui », les « son », et ainsi de suite par des « je », des moi », des « mon ». La nature devient culture quand elle passe du « je » au « il ».

Par Raf - Publié dans : philog
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Dimanche 12 mars 2006 7 12 /03 /Mars /2006 16:26

dimanche 12 mars 2006

 

            Ceux des philosophes qu’on appelle « individualistes », les philosophes des Lumières notamment, sont appelés ainsi car ils mettent l’individu au centre de la société. Il me semble à moi que cette démarche n’est pas individualiste du tout. Mis au centre de la société, l’individu est pensé par rapport à elle, en interaction avec elle, en objet et sujet de la société! Quelle est son influence ? Comment agréger tant d’individualités ?  Cette philosophie « individualiste » est toujours et partout une philosophie de la multitude. Peu nombreux sont les philosophes de la solitude. La multitude, comme beaucoup le craignait, gomme ce qu’il y a de pire mais aussi de meilleur (je parle ici de la Culture personnelle) chez l’individu. En vrai il n’est pas question ici d’individu car ce concept est désormais bien trop enlacé à celui de société, mais bien de personne. L‘homme qui supporte la solitude et même qui la recherche est aussi celui qui supporte la multitude et la recherche, car l’état de solitude exige beaucoup plus de force que celui de multitude. Celui qui sait être seul, n’a que peu de difficulté à vivre avec d’autres.

Par Raf - Publié dans : philog
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Samedi 11 mars 2006 6 11 /03 /Mars /2006 16:23

samedi 11 mars 2006 

 

            La caractéristique qui différencie l’homme de toute autre chose, est qu’il est une machine à naturaliser ses catégories, ses formes, ses idées. L’exemple le plus probant se trouve dans la philosophie grecque, celle tout du moins qui est réputée grande. Platon et Aristote croyaient dans la réalité des idées pour l’un, des formes pour l’autre. Quand l’homme est confronté à la nature, il fait confiance à ses sens, qui lui montre en effet des formes, des limites, il croit que ces choses existent. Mais en soi ne sont-elles pas que des assemblages temporaires d’atomes, un univers uni sans limites internes ? Quelle différence y a-t-il entre une pierre et l’air qui l’entoure? Seulement une différence de composition et de densité, non pas de nature. Le fait de considérer que la forme ou l’idée de la chaise existent dans la réalité objective, la réalité physique, tout cela est Culture, tout cela est humain. La nature n’est qu’atomes et énergies, bien que nous puissions supposer nous même que cette distinction est de fait caduque.  La Culture est l’ensemble des catégories interprétative sur la Nature , crées par l’homme à un moment donné, à un endroit donné; c'est une structuration immanente. Cette distinction Culture/Nature est elle-même culturelle. L’homme porte douloureusement cette distinction, essence de ce qu’il est, est à la fois naturel, en tant qu’ensemble temporaire d’atomes faisant partie d’un tout, et culturel, conscient de l’écorce séparatrice qu’est sa peau, conscient de la différence entre son Moi, et le reste. Il n’est pas ici question d’incriminer la culture et toute sa progéniture, mais de rendre compte de son immanence, de sa relativité et de sa subjectivité.        

 

            Toute Ethique appartient à ce monde de la Culture. Elle est donc par définition hors de portée de toute vérité objective, physique. Elle est une notion à la première personne. Elle est basée sur la vérité du moi, celle basée sur mes sens,  celle de mon corps. Je pense donc je suis vrai. Et je ne puis exprimer cette vérité. Telle pensée ne peut que favoriser l’éloignement relatif des hommes. La culture de soi devient l’élément important. Que m’importe de tenter d’expulser mon moi vers d’autres, je ne peux qu’en tirer qu’une pâle imitation. Et que m’importe ton Toi, puisque mon éthique est toujours la mieux adaptée pour moi. Le contact social peut être aussi destructeur que constructeur, et la balance est sensible quant à la bonne distance. Ni trop proche et ainsi dépréciative ; ni trop éloignée, et ainsi trop isolatrice.

            Tout système philosophique ne peut donc être que non organisé. La pensée ne se divise pas en catégories. L’éthique provient, procrée et influence la métaphysique, tout comme la métaphysique provient, procrée et influence l’épistémologie et ainsi de suite. Toute pensée n’est qu’une infime émanation d’un système où tout est un et unique, tellement les liens qui unissent d’éventuels éléments sont puissants et nombreux. Derrière un mot qui sort de notre bouche, de notre plume, il y a cet univers personnel, car ce mot est chargé de sens, cette Culture personnelle.

 

            Il y a deux façons d’aborder ce segment qu’est la vie. La première est de rechercher ce que l’on n’est pas, ce que l’on a pas, de chercher le bonheur dans l’idée de ce qui n’est pas. La seconde se protège, cherche l’ataraxie, l’absence de troubles, elle tente de prendre le plaisir de ce qu’elle a déjà. La philosophie est pour cette personne une question de santé et non de vérité (Nietzsche – le gai savoir). Epicure, Montaigne, Nietzsche : tous des penseurs de la protection, de la culture personnelle et de la bonne distance sociale. Et ce sont les rieurs !

Par Raf - Publié dans : philog
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Vendredi 10 mars 2006 5 10 /03 /Mars /2006 16:19

vendredi 10 mars 2006

 

 

            Le plus grande erreur en matière d’éthique est la tentation de l’objectivation. L’homme tente en vain d’objectiver son moi profond, son savoir, ses expériences, ses sentiments. L’éthique est un domaine totalement culturel, donc subjectif. Derrière toute philosophie qui parle d’éthique, toute politique, toute loi au sens d’objet est un philosophe, un politiste, un juriste, un homme qui exerce son humanité, son sentiment de vérité, en un mot sa volonté de puissance. Mais la vérité existe-t-elle dans le monde subjectif ? Dans le monde de l’expérience, de la sensualité ? Existe-t-elle dans le monde de l’éthique ? Cela semble improbable. La vérité ne peut par définition ne porter que sur des objets. Si par vérité on entend par là dire que ce qui existe dans la réalité est effectivement tel, alors la vérité passe par la connaissance, c'est-à-dire, comme Zeno le montrais, un poing qui attrape la réalité. En effet, que m’importe de croire en une vérité qui n’est pas atteignable ? Si je ne peux l’attraper ? Dieux existe-il ? Que m’importe ! La question est de se demander si je puis vivre sans dieux. Non, il est deux types distincts de vérité. Il y a la vérité objective, celle des objets, celle de la matière, celle de la physique, celle enfin qui est attrapable. Et il y a la vérité subjective, celle de l’homme qui sent la vérité que lui confère son corps et ses sens individuels, celle pensée par Protagoras. Cette seconde sorte est aussi celle des normes, ces objectivations de vérités individuelles. Le paradoxe de la vérité individuelle, sensuelle, conceptuelle et idéale, est celui qui veut que par définition la vérité individuelle ne puisse être objectivée et donc en aucun cas qualifiée de vraie. L’homme, conscient de sa vérité, mais ne pouvant transmettre de façon « idéale », mais non plus de façon sensuelle, cette précieuse denrée, il en fait un idéal, il la transforme, la dénature, il la pousse en dehors de lui. Elle devient alors autre. L’homme se sentait, il ressentait, il vivait ; désormais il parle, des mots, des objets, des projections sortent de sa bouche entraînée. Et ce qu’il en sort est la culture en tant qu'objet , cette constellation où la vérité n’existe pas ! Et de cette culture commune sort  une Ethique commune, désignée pour plus d’un. Il existe bien un lien entre les sens, l’idée, et la norme mais ce n’est pas celui de la vérité. Le lien dont je parle est accouchement, il est maïeutique, il est expulsion, dénaturation, et création… Comme la vie intra-utérine de l’enfant diffère de la vie extra-utérine, la norme diffère de la vérité du corps.

Par Raf - Publié dans : philog
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