Partager l'article ! La liberté: ignorance, connaissance et oubli: Une des plus grande opposition en philosophie, et dans le monde bien sûr, est celle de la libert& ...
Une des plus grande opposition en philosophie, et dans le monde bien sûr, est celle de la liberté face au déterminisme. Classiquement, on pose la question de la liberté ou de son absence par l’alternative suivante : soit on est déterminé, et donc la liberté n’est pas possible. Soit on est libre, et le déterminisme n’est pas possible. De cette alternative, grossièrement posée ici, peu en réchappent. Beaucoup oublient le déterminisme, et postulent la liberté sans fondement aucun. D’autres affirment le déterminisme total, matérialiste ou social, bien souvent les deux, sans prendre en compte le sentiment, la représentation d’être libre. Les desseins de ceux qui affirment soit la liberté soit le déterminisme de la volonté, sont divers et plus ou moins conscients : celui d’imprimer ou d’effacer la responsabilité, le sentiment de culpabilité dans l’homme, ou bien vouloir de dominer une vie qui bien souvent nous échappe totalement. Certains cependant ont développé une pensée plus fine. Je pense à Spinoza, qui affirme que la volonté libre n’est qu’une interprétation mauvaise d’une série de causes qui détermine cette volonté. Je pense à Nietzsche qui affirme que la seule liberté que nous avons est celle d’apprécier notre détermination, notre destin.
Liberté : Quel mot d’ordre précis ! Liberté de penser ? Liberté de volonté ? Volonté libre ? Toutes ? Certains font une distinction entre la liberté politique et la liberté de la volonté. N’est-il pas étrange de croire que les phénomènes politiques et sociaux, humains échappent à toute physique, à toute nature ? « L’homme naît libre ! » affirme-t-on. Bel idéal, certes. Mais comment ? Aurions nous donc une volonté ?
Déterminisme. Ne serions nous que des atomes, des corps, des atomes sociaux ? Ne serions nous que les réceptacles de déterminismes atomiques, sociaux et biologiques ? Ne serions nous que des pantins dont les ficelles nous échappent totalement ? N’aurions nous donc aucune volonté ?
Car cette opposition, cette alternative trop souvent inconciliable se dissout en un mot : la volonté. Oui, nous voulons. La volonté est à différencier du choix, piètre interprétation morale (trop humaine…) de la volonté. Le problème du couple liberté/déterminisme se limite à la question suivante : Ai-je une volonté propre, libre, sans aucune cause, ou ma volonté n’est-elle que partie de causes (atomiques, biologiques ou sociales) qui me dépassent ?
Etrange opposition. Je sais n’être qu’atomes, n’être qu’un corps biologique, n’être qu’individu (au sens de corps indivisible socialement, ou atome social). Je conçoit être totalement déterminé, physiquement et socialement, et pourtant… Je veux. Ma volonté n’est sûrement que le résultat de mes déterminismes, interprétée libre par ignorance, par innocence. Là est toute la solution ! De là découle la clarté libertaire (la liberté comme ultime) ! Si on est libre, cela ne peut être que par représentation interposée. On se représente libre. On se perçoit libre. La sagesse sophiste (redondance ô combien nécessaire) nous apprend que si une vérité existe, c’est celle des apparences. On est libre que par innocence, par ignorance de ses propres déterminismes. Nous avons l’apparence (par innocence) d’être libre, et cela est plaisant.
Mais alors qu’est ce être libertaire ? Quel est le but de la connaissance de ses déterminismes ? Quel est le but d’une civilisation socratique, d’une civilisation en soif de connaissance (cf Nietzsche, la naissance de la tragédie) ? Une civilisation qui, selon les dires bibliques, s’est condamnée elle-même par amour de la connaissance, qui a croquée la pomme ? C’est là qu’il faut comprendre la liberté comme affranchissement. Que dit Nietzsche quand il introduit la connaissance comme élément civilisationnel à dépasser ? Il dit : connais toi toi-même, connais la chaîne des causes qui déterminent ta volonté, mais cela n’est pas ton but ultime, ta connaissance ne te mènera pas vers la liberté, elle t’enchaînera, tu te trouveras enchaîné par cette chaîne de causes. La connaissance n’a pas pour but la liberté. La connaissance a pour but l’enchaînement. Non, il dit plutôt : connais toi toi-même pour mieux t’oublier, pour connaître ta chaîne afin de mieux la détruire, la casser et retrouver ton innocence d’ignorant, d’enfant. La liberté pour le libertaire c’est donc connaître ses chaînes pour mieux s’en affranchir, oublier sa connaissance pour assainir ses représentations, atteindre la grande Santé. Connais ton corps, connais ton environnement et oublie les, affranchis t-en. Alors tu seras libre et innocent.
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on peut se poser la question : la connaissance de mes chaines me permettra-t-elle de m'en affranchir. En effet, le mouvement de connaissance, le résultat de la connaissance ne sont pas propices à l'oubli de soi-même. C'est même le contraire. La connaissance est une richesse, un avantage qui profite au connaisseur.
Tout raisonnement sur la liberté est faussé dès le départ puisque cela conduira nécessairement à une conclusion logique sur la liberté, c'est à dire à enchaîner la liberté.
On peut toujours répliquer à Spinoza que si le sentiment de liberté est une illusion, si le déterminisme règne, son raisonnement n'a aucune valeur étant totalement déterminé. Il ne peut concevoir qu'un homme déterminé.
Plus interessante est la question de la volonté propre.
On doit admettre, comme je le montre dans mon article "la volonté " et le suivant, que la volonté propre n'existe pas. De nombreuses raisons à cela.
Par exemple : la volonté implique le temps puisqu'elle suppose un but. Or, nous sommes rivés à l'instant présent. L'instant présent seul existe. (Le passé est définitif, le futur une imagination). La volonté ne peut donc rien faire. Elle arrive toujours trop tard.